Guillaume Chelius, un PDG ultra-connecté à l’Internet des objets

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Le 22 novembre prochain, dans le cadre de notre Jam Session, Guillaume Chelius participera à la table ronde sur les ruptures de l’Internet des objets.

Précédemment Chargé de recherche au sein d’Inria, Guillaume Chelius est expert en protocoles de communication. Il a à son actif plus de 50 publications scientifiques. Il a également participé à des projets d’envergure dans le domaine des réseaux de capteurs, dont le projet XTREMLOG.

En 2011, il co-fonde la startup Hikob, spécialisée dans l’acquisition et la collecte de données. Aujourd’hui, la société compte une vingtaine de collaborateurs répartis entre Lyon et Meylan. Récemment, Hikob a levé 1,4 M€ auprès de différents investisseurs, dont le fonds IT-Translation, Rhône-Alpes Création et CASRA Capital. Rencontre avec un PDG ultra-connecté à l’IoT.

Hikob est une startup spécialisée dans la récupération et l’exploitation de données. Dans quels secteurs sont utilisés ces systèmes ?

« La mission d’Hikob est de concevoir et développer des systèmes d’acquisition de données sans-fil autonomes et multi-points, pour capter l’information sur le terrain et proposer l’expérience du réel. Nos solutions sont au cœur d’applications critiques pour :

  • La gestion du trafic routier, de la voirie et du stationnement ;
  • Le suivi du cycle de vie des structures et ouvrages d’art ;
  • Le monitoring d’équipements industriels.

L’offre HIKOB se décline en deux approches :

  • La vente de systèmes clé-en-main basés sur un catalogue produit standardisé pour les applications autour du trafic et du stationnement (comme par exemple les systèmes de détection de véhicules pour l’optimisation de la régulation des carrefours à feux, les systèmes de monitoring d’occupation des places des bornes de recharge pour véhicules électriques…)
  • L’offre de services basée sur une plateforme matérielle de nœuds d’acquisition et des briques logicielles embarquées Hikob. Cette offre permet de déployer rapidement des projets sur mesure de monitoring d’intégrité sur les infrastructures ou les actifs industriels ainsi que sur les matériels et engins lourds (engins de chantiers, trains, navires…). »

En avril dernier Hikob a levé 1,4 million d’euros. Qu’avez-vous / qu’allez-vous développer avec cette levée ?

« Après un premier tour de table de 300 000 euros en mars 2012, nous avons effectivement opéré une nouvelle levée de fonds de 1,4 millions d’euros en avril dernier.  Les objectifs  associés à cette levée de fonds sont multiples. Il s’agit à la fois de consolider notre offre produits, de renforcer notre équipe commerciale et de poursuivre notre développement à l’international.

Nous sommes en effet dans une étape clé du développement d’Hikob. La société a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 1,3 millions d’euros, en croissance de 23% par rapport à la période précédente et nous avons fait la preuve ces dernières années de la valeur de nos solutions et de notre expertise, avec notamment des réalisations importantes pour la Ville de Troyes, la Métropole de Lyon, ACOEM, APRR, Salomon ou encore pour des événements cyclistes professionnels majeurs.

Grâce à cette levée de fonds, nous nous donnons les moyens de multiplier ces succès afin de les transformer en une croissance durable et pérenne. »

L’Internet des objets fait face à de nombreux défis technologiques. Où sont selon-vous les ruptures ?

« Hikob intervient principalement dans des contextes industriels et vis-à-vis d’enjeu d’exploitation et de maintenance d’actifs matériel ou d’infrastructures. Nous sommes dons des témoins privilégiés de l’impact des technologies que l’on associe à l’Internet des Objets sur l’ensemble des métiers de l’ingénierie.

Les solutions issues de l’Internet des Objets introduisent une rupture d’usage. Les questions de mesure et d’instrumentation sont classiques en ingénierie. Néanmoins, en se substituant à des solutions traditionnelles d’acquisition de données, généralement plus lourdes et couteuses, elles permettent  de démultiplier la collecte des données mais également d’adresser des applications pour lesquelles aucune solution n’était jusqu’à maintenant adaptée.

Ces solutions induisent également un glissement des paradigmes en métrologie et nécessitent des évolutions dans les modèles et traitements utilisés pour exploiter les données. En effet, les technologies de l’Internet des Objets permettent le déploiement de points de mesure à bas coût mais souvent avec des caractéristiques métrologiques, c’est à dire de précision,  différentes des systèmes de mesure traditionnellement déployés.  L’exploitation des données, plus nombreuses et souvent réalisées dans des contextes inédits par rapport aux systèmes classiques, nécessite donc de nouveaux traitements et de nouveaux modèles métiers. La question est alors de savoir s’il vaut mieux peu de données mais extrêmement ciblées ou des données dans une échelle de volume largement supérieure ; et il n’est pas rare de voir de fortes oppositions entre les défenseurs de ces deux approches. »

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