Des applications pour l’Internet des objets, rencontre avec Vincent Prunet

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Vincent Prunet, Ingénieur dans l’équipe-projet Inria INDES interviendra le 30 juin au Café Techno « Comment démocratiser l’Internet des objets ? » qui aura lieu au Learning Centre SophiaTech (Sophia Antipolis).

Pour préparer l’événement, nous sommes allés à la rencontre de ce féru d’IdO (Internet des Objet) et avons essayé d’en savoir plus sur ce récent concept souvent considéré comme la troisième évolution de l’Internet. Rencontre. 

Vincent Prunet, pouvez-vous nous dresser un panorama de ce que représente l’Internet des objets aujourd’hui ?

« L’Internet des objets, (IoT pour Internet of Things en anglais) ce sont tous ces capteurs qui transforment des objets du monde physique en objets connectés qui peuvent interagir soit entre eux soit avec des humains. Ce peuvent être des objets de tous les jours, à la maison, dans la rue, au travail, avec lesquels on peut désormais interagir en utilisant une tablette ou son smartphone. Les applications les plus connues du grand public sont dans le domaine de la santé et de la domotique. Les objets les plus évolués sont déjà capables de se configurer et de collaborer entre eux sans intervention humaine. L’Internet des objets est rendu techniquement possible par les avancées continues réalisées en terme de miniaturisation, capacité et autonomie des composants électroniques et électromécaniques, dans le domaine des transmissions de données sans fil, et bien sûr dans le logiciel, que ce soit pour exploiter de gigantesques volumes de données dans le Cloud ou pour piloter les objets connectés à partir d’une tablette ou d’une commande vocale. Et ce n’est que le début. On parle de 50 à 80 milliards d’objets connectés d’ici 2020, représentant 10% du PIB mondial. »

Dans le cadre de vos travaux de recherche, vous travaillez sur le développement d’application(s) liées à l’Internet des objets. Quels sont les obstacles que vous rencontrez ?

« Depuis trois ans, nous collaborons avec des équipes de roboticiens, des équipes médicales et des PME pour construire ensemble des applications à base d’objets connectés pour l’assistance à la personne. Nous avons réalisé et mis en service des applications reposant sur des objets connectés : suivi d’activité de personnes fragiles, applications de rééducation fonctionnelle qui se reconfigurent selon l’utilisateur et son programme de travail et même un robot compagnon humanoïde, qui, comme nous, demande de l’aide à Internet pour les tâches complexes. Ce qui caractérise toutes ces applications, c’est d’une part la complexité de leur architecture répartie entre les objets connectés, le Cloud et le smartphone ou la tablette qui permet de contrôler l’application et d’autre part l’hétérogénéité des systèmes et la variété des techniques logicielles qu’il faut maîtriser. Développer une application robuste, réactive, évolutive et ergonomique demande un investissement trop élevé pour une petite équipe dont le coeur de métier est ailleurs. Il faut aussi assurer la confidentialité des données, un domaine d’expertise à part entière où aucune impasse n’est permise. Notre rôle dans ces projets a donc été de concevoir les outils pour libérer les concepteurs d’applications de ces difficultés techniques et leur permettre de se concentrer sur ce que font leurs applications. »

En quoi consiste l’application que vous développez ?

« Notre expérience a mis en évidence le décalage qui existe aujourd’hui entre l’aspiration de tous les secteurs d’activité à s’approprier l’Internet des Objets et l’accessibilité des outils qui sont mis à leur disposition. Pour répondre à ce besoin, nous avons donc conçu Hop.js, qui est une suite logicielle destinée aux développeurs d’applications pour l’Internet des Objets. Hop.js repose sur les travaux de recherche de notre équipe, l’équipe projet Inria INDES, notamment l’environnement Hop inventé par Manuel Serrano, qui unifie la conception d’une application web, vue globalement plutôt que comme l’assemblage d’une composante serveur et d’une composante client (dans le navigateur). Grâce à Hop.js, on peut utiliser le même langage pour décrire la totalité de l’application. Nous avons choisi le langage JavaScript, qui est déjà omniprésent dans les applications du Web et autour duquel s’est bâtie une communauté extrêmement active de développeurs, une vraie ruche. Mais l’intérêt de Hop.js ne s’arrête pas là : il s’agit d’un langage « multitiers », c’est à dire que plutôt que de décrire l’application en composants isolés pour l’objet, dans le cloud ou dans le smartphone, on décrit globalement une fonctionnalité et les interactions logiques entre les différents composants matériels et Hop.js s’occupe de tout. C’est ce qui permet à de petites équipes, polyvalentes, de mettre leurs idées en oeuvre avec agilité et durablement. Nous travaillons maintenant à la prochaine étape, c’est-à-dire la valorisation de nos résultats et la pérennisation de notre projet de développement autour d’un produit. Les retours des industriels sont très encourageants. »

Crédit photo © Inria / Photo Anteale

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